le 15 janvier 2002
L'industrie textile
L'industrie canadienne du textile s'est transformée en profondeur depuis le début des années 1970, alors qu'elle se lançait dans un programme majeur et durable d'investissement en équipements, ce qui en a fait une industrie moderne et efficace et une grande utilisatrice de la haute technologie. Dans un contexte où la concurrence s'exerce davantage sur la scène mondiale que régionale, l'industrie s'est révélée de plus en plus novatrice. C'est ce que reconnaît un rapport intitulé L'innovation dans les entreprises de fabrication canadiennes (Statistique Canada, no de catalogue 88-513-XPB), selon lequel l'industrie se classe parmi les plus grands exécutants de R&D au Canada, non seulement à l'échelle nationale, mais aussi à l'échelle mondiale.
Le développement d'un produit textile à partir de fibres élémentaires jusqu'à son application finale se déroule en plusieurs étapes ou plusieurs paliers. L'intégration verticale de ces étapes caractérise l'industrie textile. Voici des exemples de certains membres de cette industrie :
Plusieurs des domaines de compétence technologique mentionnés ci-dessus peuvent être réalisés en une seule opération. Dans bien des cas, la mise au point d'une technologie particulière dépend de sociétés situées aussi bien en amont qu'en aval d'une entreprise. La plupart du temps, la détermination définitive du rendement d'un article produit par une société « textile » revient à l'utilisateur en aval et, en fin de compte, au dernier palier de mise au point de l'article fini. Il s'agit d'un point important sur lequel nous élaborerons plus loin dans ce document.
Un autre élément propre à l'industrie est la mesure dans laquelle le développement expérimental est exécuté en atelier au moyen du matériel et des processus à l'échelle industrielle. Cette tendance est régie par des facteurs propres à de nombreuses sociétés technologiques :
1.1. COMITÉ SECTORIEL
La structure de l'industrie au Canada est hautement intégrée, complexe et multidimensionnelle. Les travaux de développement technologique sont entrepris, pour la majeure partie, par des spécialistes qui, en plus de posséder des titres de compétence, comptent aussi nombre d'années d'expérience pratique. Un comité sectoriel formé de spécialistes possédant des domaines de spécialité verticale, de même que des connaissances précises dans différentes technologies horizontales, a été créé afin d'étudier les besoins particuliers de l'industrie textile relativement au Programme de la RS&DE du Gouvernement du Canada. Voici les membres de ce comité :
Eric Barry - Institut canadien des textiles
Daniel Low - Lagran Canada
Guy Daragon - Lagran Canada
Alex Di Palma - Consoltex Inc.
Peter Nuessler - Consoltex Inc.
Pierre Mandeville - Cavalier Textiles
Nancy Pereira - DIFCO Performance Fabrics
François LaPierre - DIFCO Performance Fabrics
Robert Perrier - Cleyn & Tinker
Jozien Vet - J.L. de Ball Canada Inc
Max Maurice - Stedfast Inc
François Simard - Stedfast Inc
Stuart Zuckerman - Doubletex Inc
Marcel Pinchevsky - Pinchevsky & Co
Bernard Descamps - Agence des douanes et du revenu du Canada
Mark Bobra - Agence des douanes et du revenu du Canada
Suzanne Boutin - Agence des douanes et du revenu du Canada
Al Turak - Agence des douanes et du revenu du Canada
1.2. OBJET DU DOCUMENT D'ORIENTATION - DOCUMENTS D'INFORMATION
L'objet du présent document d'orientation consiste à établir un cadre qui répond aux besoins particuliers de l'industrie textile, et qui permet aux sociétés d'appliquer les lignes directrices en matière de RS&DE au contexte commercial propre au secteur. Le présent document vise à aider les sociétés à déterminer plus clairement les projets et les travaux, et donc les dépenses liées à ceux-ci, qui constituent des activités de recherche scientifique et de développement expérimental (RS&DE) au sens de la définition énoncée au paragraphe 248(1) de la Loi de l'impôt sur le revenu.
Du fait que la RS&DE effectuée dans l'industrie est axée sur le produit, il importe que les demandeurs séparent les projets courants de mise au point des projets qui sont de la RS&DE, qui sont dans les deux cas généralement réalisés sur les mêmes lieux. À ce sujet, l'un des principaux éléments à prendre en compte est la définition suivante tirée de la circulaire d'information 86-4R3 :
« Par définition, et conformément aux pratiques reconnues dans la profession, les études techniques courantes ne comportent pas d'incertitude scientifique ou technologique appréciable. »....« Les trois critères fixés dans la circulaire IC 86-4R3 s'appliquent selon la situation commerciale du contribuable. »
Le présent document a été rédigé dans le but de fournir de plus amples renseignements au sujet du document intitulé « Définition d'un projet de RS&DE » préparé et publié le 20 mars 2000 sur le site Web de l'ADRC. On trouve dans les sections qui suivent quantité de modèles, de clarifications et d'exemples qui devraient permettre :
Quand l'exécutant de RS&DE saura faire ces distinctions, il devrait être en mesure d'arrêter une méthode lui permettant de séparer les projets de RS&DE de tous les autres projets de l'organisation. Ce document devrait également servir à clarifier les questions concernant la définition du projet, par exemple les suivantes :
1.3. POINTS À CONSIDÉRER ET QUESTIONS LIÉES AU CONTEXTE DE L'INDUSTRIE
RELATIONS VERTICALES
Comme on l'a mentionné précédemment, l'industrie textile entretient des relations verticales, où les membres ne possèdent généralement pas l'ensemble des connaissances et des compétences nécessaires à la réalisation d'un projet à partir de la fibre source (naturelle ou synthétique), en passant par chacun des paliers, jusqu'à ce qu'un textile soit définitivement prêt pour utilisation finale. En fait, qu'un textile soit destiné à la consommation ou à un usage industriel, il ne connaîtra son utilisation finale qu'au palier qui lui donne sa forme d'utilisation finale, comme un maillot de bain, un vêtement de protection anti-feu, un patin de hockey, un gilet pare-balles, etc. La question de savoir dans quelle mesure un textile atteint ses objectifs de rendement peut parfois être résolue seulement par une partie qui n'est habituellement pas membre de l'industrie du textile.
On ne peut donc pas déterminer le moment où se terminent certains projets avant que le textile n'ait quitté les locaux de la compagnie et qu'il n'ait été éprouvé dans le contexte voulu des produits finis pour qu'on puisse préciser s'il satisfait aux objectifs techniques.
LE DÉVELOPPEMENT D'UN PRODUIT TEXTILE
Le développement d'un produit textile commence en général par une fibre ou un mélange de fibres et se termine par un produit final fonctionnel comme une paire de jeans, un gilet pare-balle ou une glissière d'évacuation pneumatique d'un avion, pour n'en nommer que quelques-uns. Le processus de développement habituel en ce qui concerne les étapes que franchit un produit textile commence par la transformation d'une fibre en fil. Le fil est ensuite tissé ou tricoté pour devenir une étoffe. Cette étoffe est par la suite teinte, enduite ou imprimée, et finalement apprêtée. L'étoffe apprêtée reçoit enfin sa forme définitive.
Répondre aux exigences associées au produit final est le but ultime du développement d'un produit textile. Ces exigences peuvent nécessiter des travaux de mise au point à n'importe quelle étape du développement d'un produit textile, par exemple à celle de la fibre, du fil, de l'étoffe, de la teinture, de l'enduction, de l'impression, de l'apprêt, etc. Les propriétés physiques et chimiques définitives du produit final recherché dépendent des traitements physiques et chimiques appliqués à chaque étape du développement. Les résultats de chaque étape du développement d'un produit textile sont tributaires des procédés appliqués à chacun des autres paliers. Le genre et le mélange de fibres utilisées se répercuteront sur les propriétés du fil, celles-ci auront une incidence sur les propriétés de l'étoffe, propriétés qui influeront sur la teinture, l'enduction, l'impression et l'apprêt, tout cela agissant à son tour sur les propriétés du produit final.
En raison de la nature segmentaire de l'industrie textile, de nombreuses entreprises de produits textiles ont pour clients d'autres entreprises oeuvrant dans un domaine connexe, par exemple un fabricant de fibres aura pour client un filateur, qui aura pour client un tricoteur, qui aura pour client un teinturier, et ainsi de suite. Chacune de ces entreprises recevra ses spécifications techniques de l'entreprise immédiatement en aval, qui représente le palier suivant du développement. Dans la plupart des cas, les entreprises qui occupent les premiers échelons de l'échelle du développement d'un produit textile ne connaissent pas les spécifications techniques du produit final.
TECHNOLOGIE OU PROJET
L'entreprise appartenant à l'industrie textile, comme celle de bien d'autres secteurs, exécute des travaux de RS&DE dans le seul but d'élargir sa base de connaissances. Ces travaux de développement sont généralement réalisés aux premiers paliers du développement d'une nouvelle technologie, par exemple nouvelle technologie liée aux fibres ou aux fils, passage d'un colorant acide à un autre à base d'eau mise au point de nouvelles fibres ou de nouveaux produits textiles hybrides. Toutefois, lorsque les premières étapes de ce développement ont été réalisées, elles peuvent jeter les bases d'autres travaux d'expérimentation et d'autres progrès technologiques.
L'étape suivante, qui vise des objectifs très différents, consiste à mettre au point une technologie dans le but distinct de lancer un produit sur le marché. Il peut s'agir d'un produit totalement nouveau ou de l'amélioration du rendement d'un produit existant. Au cours des étapes initiales, on peut aisément suivre le cheminement du développement technologique. En conséquence, on peut facilement considérer chaque projet de développement comme un « essai » réalisé dans le cadre du cheminement visant à faire progresser la technologie.
Toutefois, à mesure que la demande sur le marché s'accroît, le cheminement évident du début s'estompe du fait du chevauchement et de la diversité des technologies. Chacun des projets commence maintenant à apparaître comme un projet de développement d'un produit qui, dans les limites mêmes des travaux s'y rapportant, peut alors intégrer une expérimentation ou des essais particuliers.
Par exemple, au cours des premières étapes de la mise au point des fibres Lycra© et Lyocel©, le cheminement technologique était généralement clair. Mais une fois que les bases ont été jetées, les fabricants ont pu poursuivre les travaux de développement du produit qui ont « estompé » le cheminement par des combinaisons avec d'autres technologies, comme les technologies « d'écoulement par capillarité ».
Dans bien des cas, il devient ardu de faire une distinction entre le développement d'un produit et le développement d'une technologie au moment où le fabricant entreprend le projet. En ce qui concerne la Loi de l'impôt sur le revenu, cette distinction n'a pas d'importance parce que peu importe la question de savoir si les travaux de développement sont axés sur une technologie ou sur un produit, on évalue un projet de développement dans le but de déterminer si celui-ci réunit les critères relatifs à la RS&DE. Il importe de faire une distinction entre les travaux de développement de produit qui nécessitent un progrès technologique et les travaux de développement de produit qui n'en exigent pas (c.-à-d. les travaux de développement de produits fondés sur des études techniques courantes). Se reporter à la section 3.2, à la page 13.
CARACTÉRISTIQUES DE L'INDUSTRIE
Dans l'industrie textile comme dans toute autre industrie axée sur le marché, le moment opportun de la mise en marché est un élément vital. En conséquence, l'industrie présente un grand nombre de caractéristiques qui lui sont propres, et celles-ci doivent être prises en compte puisqu'elles représentent le contexte commercial dans lequel le demandeur évolue. Il est indispensable que chaque demandeur décrive le plus clairement possible le contexte technologique et commercial de l'entreprise.
En outre, le prototypage ou les essais de validation sont souvent réalisés au moyen des équipements servant aussi à la production commerciale régulière. Le demandeur doit tenir des registres et y consigner le temps d'utilisation à des fins expérimentales afin qu'il puisse étayer sa demande.
Par exemple, le concepteur de tissus ignifuges devra peut-être cibler les caractéristiques de rendement du vêtement ignifuge final comme objectifs du projet. Si le concepteur de tissus ne produit pas le vêtement, il ne peut donc pas éprouver les caractéristiques de rendement du produit final aux fins de déterminer si les objectifs du projet ont été atteints. Dans ce cas, il est soumis à l'emploi du temps et aux essais du confectionneur de vêtements. Le concepteur du tissu doit laisser son projet en suspens jusqu'à ce que le tissu remplisse les objectifs technologiques du vêtement dans l'environnement du confectionneur de vêtements. Ces genres d'essais sur le terrain sont normalement peu coûteux pour le concepteur du tissu, mais ils font partie intégrante de l'appréciation du succès d'un projet et, partant, du parachèvement du projet.
Pour que ces genres d'essais sur le terrain soient considérés comme des travaux de RS&DE admissibles, on doit démontrer qu'ils portent directement sur des questions techniques liées aux objectifs technologiques globaux du projet de RS&DE. Il revient donc au demandeur de veiller à ce que les objectifs technologiques présentés pour chaque projet de RS&DE tiennent aussi compte des objectifs des essais à venir sur le terrain. Ceux de nature non technique, comme les essais sur le marché, ne sont pas admissibles.
Un projet de développement peut rester en plan jusqu'à ce que les objectifs technologiques soient atteints sur le terrain (c.-à.-d. entre les mains du palier ultérieur). Il faut prendre bonne note que si le tissu satisfait aux exigences technologiques du palier suivant, mais que le palier suivant refuse le tissu en raison de critères commerciaux, le projet doit tout de même être considéré comme achevé puisque les objectifs technologiques ont été atteints.
1.4. QUESTIONS D'ORDRE GÉNÉRAL
Modèle de RS&DE à l'intention les demandeurs - Distinguer les projets courants de mise au point de la RS&DE
Il est important de souligner que le seul fait d'appliquer une méthodologie de développement connue ne signifie pas nécessairement que l'on est en présence de travaux courants. Les problèmes qui empêchent le demandeur de prévoir l'issue des travaux visant à dissiper les incertitudes technologiques doivent être cernés au commencement du projet de RS&DE.
Les projets courants de mise au point impliquent en règle générale des problèmes qui peuvent être résolus au moyen de la base de connaissances existante du demandeur.
Les distinctions nécessaires doivent être faites au commencement du projet.
Ainsi, c'est le projet soumis lui-même qui doit respecter les critères applicables à la RS&DE mentionnés ci-dessous. Le modèle de la RS&DE décrit ci-après vise à éclaircir la nature des travaux qu'implique un projet de RS&DE.
Simplifier le processus de présentation des demandes
Lorsqu'on évalue un projet de RS&DE, il est essentiel de faire la distinction entre les travaux expérimentaux et les travaux courants, et entre le développement expérimental et les projets commerciaux. Il est important que les demandeurs décrivent clairement la manière dont ils appliquent les trois critères relatifs à la RS&DE à leurs projets et le processus qu'ils utilisent pour distinguer les projets de RS&DE des projets non admissibles. Les demandeurs peuvent faciliter à l'ADRC la tâche d'examiner leur demande, en démontrant qu'ils ont bien compris et correctement appliqué les trois critères relatifs à la RS&DE. En effet, les examinateurs de l'ADRC seront ainsi en mesure de se concentrer davantage sur l'examen du processus de sélection utilisé par le demandeur pour déterminer lesquels des projets constituent des projets de RS&DE admissibles, au lieu de passer en revue les différents projets.
Le fardeau de prouver qu'un projet est admissible en démontrant que les travaux exécutés respectent les critères relatifs à la RS&DE repose, en fin de compte, sur le demandeur. Lorsqu'ils évaluent le caractère admissible d'un projet, les examinateurs techniques de l'ADRC doivent décider si des travaux admissibles ont été exécutés et, le cas échéant, déterminer le moment où les travaux en question ont commencé et cessé d'être admissibles. Plus les éléments de preuve fournis par le demandeur sont forts, plus il est facile aux examinateurs techniques de déterminer si la demande est admissible.
2. NATURE DU DÉVELOPPEMENT EXPÉRIMENTAL
2.1 DÉFINITIONS STATUTAIRES ET DÉFINITIONS GÉNÉRALES
Le paragraphe 248(1) de la Loi de l'impôt sur le revenu définit de la façon suivante les activités de recherche scientifique et de développement expérimental (RS&DE) : « (...) investigation ou recherche systématique d'ordre scientifique ou technologique, effectuée par voie d'expérimentation ou d'analyse (...) ». Dans ce contexte, la notion de technologie implique une application pratique des connaissances, la mise au point d'une capacité grâce à l'application pratique des connaissances, une façon de réaliser une tâche, surtout au moyen de processus, de méthodes ou de connaissances techniques, ou les aspects techniques d'une démarche particulière.
Le paragraphe 248(1) de la Loi de l'impôt sur le revenu définit ensuite les catégories suivantes de recherche scientifique et de développement expérimental :
2.2 DÉFINITION DE LA RS&DE
Pour l'application des critères qui suivent, il importe que le projet soit clairement défini. La définition des critères suivants est donnée dans la circulaire d'information IC 86-4R3.
Ce qui compte, ce n'est pas l'objet global de l'activité ou du programme, mais bien ce qui se produit effectivement sur le plan technique. Cette précision est importante, car toutes les activités de développement menées dans un contexte commercial ont pour objet de produire des biens ou d'élaborer des procédés rentables. Ce ne sont pas les objectifs globaux poursuivis sur le plan commercial qui comptent pour l'application de la Loi, mais de déterminer si une activité possède ou non les caractéristiques d'une activité de recherche scientifique et de développement expérimental admissible.
Critères généraux
Des critères essentiels doivent être respectés pour que des travaux puissent être considérés comme une activité de recherche scientifique et de développement expérimental : le critère de l'avancement de la science ou de la technologie, le critère de l'incertitude scientifique ou technologique et le critère du contenu scientifique ou technique.
Le critère de l'avancement de la science ou de la technologie se définit comme suit :
Le critère de l'incertitude scientifique ou technologique se définit comme suit :
On peut parfois être assez certain de trouver un produit ou un procédé répondant aux objectifs technologiques quand le coût n'a pas d'importance. Dans la réalité commerciale, cependant, on vise toujours un coût raisonnable. La volonté d'atteindre un objectif particulier en matière de coût peut parfois donner lieu à un obstacle technique. Une incertitude technologique peut donc être imposée par des considérations économiques.
Le critère du contenu scientifique et technique a le sens suivant :
2.3 APPLICATION DES TROIS CRITÈRES
L'incertitude est au coeur des projets de RS&DE dans le domaine des textiles. L'incertitude doit exister pour qu'on puisse parler de RS&DE, mais il ne s'agit pas là du seul critère applicable. L'incertitude technologique doit être accompagnée d'une investigation systématique visant à faire progresser les connaissances technologiques de la compagnie Autrement dit, des tentatives de dissiper les incertitudes technologiques doivent être faites. Contourner un problème ou une incertitude sans tenter de les résoudre n'est pas une activité de RS&DE admissible. Dans le cas des activités de développement expérimental, le cheminement ou/et l'issue sont incertains parce que la plus récente technologie n'est pas assez avancée. En dissipant l'incertitude technologique, on fait avancer la technologie, et c'est le travail qui vise à dissiper une telle incertitude qui caractérise les projets de développement expérimental admissibles.
3. CARACTÉRISTIQUES DU PROCESSUS DE LA RS&DE
3.1 LE MODÈLE DE LA RS&DE
On expose aux paragraphes qui suivent un modèle de projet de développement d'un produit ou d'un procédé textile, qui fournit au demandeur un cadre satisfaisant en regard duquel peut être faite l'évaluation d'un projet polyvalent entrepris par le personnel travaillant au développement et à l'exploitation. Quelle que soit l'importance ou l'étendue d'un projet, chacune des étapes exposées ci-après peut faire partie intégrante d'un projet au titre de la RS&DE.
L'industrie textile est en général axée sur les produits ou les procédés. C'est la demande du marché qui entraîne le lancement ou la poursuite d'un projet. Concrètement, un projet de développement est entrepris au moment où le marché réclame un produit pour lequel le demandeur ne possède pas le savoir-faire voulu, ce qui l'oblige à procéder à la RS&DE afin de le développer. On peut présenter un projet de développement d'un produit ou d'un procédé comme un projet de RS&DE tant que le projet est axé sur des questions de développement technologique et que son étendue incorpore les trois critères fixés pour la RS&DE.
En outre, on reconnaît que dans le contexte commercial d'une société, on ne sait pas avec certitude si la pratique courante permettra d'atteindre l'objectif visé. Dans la plupart des cas, on sait, au tout début du projet, que les connaissances technologiques existantes sont insuffisantes pour permettre le développement du produit ou du procédé. Il arrive parfois qu'un projet qui prévoyait au départ des travaux courants de mise au point se transforme en un projet de RS&DE lorsque les résultats s'écartent de ceux attendus.
Dans l'industrie textile, l'élargissement de ces connaissances technologiques est étroitement lié à la mise au point d'un produit ou d'un procédé nouveau ou amélioré. D'ordinaire, c'est le lancement d'une investigation systématique par voie d'analyse ou d'expérimentation qui dénote l'existence d'un projet de RS&DE et qui distingue celui-ci de projets courants de mise au point.
DÉBUT D'UN PROJET DE RS&DE DANS LE DOMAINE DES TEXTILES
Dans une société, un projet de RS&DE est lancé quand les experts de la société constatent que la solution se situe au-delà des connaissances que possède la société ou de la technologie du domaine public et que les pratiques courantes ne permettent pas d'y arriver. On s'en rend compte généralement quand le client réclame un produit ou qu'une difficulté imprévue surgit.
FIN D'UN PROJET DE RS&DE DANS LE DOMAINE DES TEXTILES
Un projet réalisé dans le domaine des textiles prend normalement fin quand les experts de la société concluent que les objectifs technologiques ont été atteints. Les sociétés appliquent différentes méthodes pour juger de ce moment, mais il existe en général une forme quelconque de mécanisme « d'approbation » à l'interne ou par le client.
CINQ ÉTAPES D'UN PROJET DE RS&DE DANS LE DOMAINE DES TEXTILES
Les cinq étapes d'un modèle de projet propre à l'industrie textile sont : la formulation du concept, le développement détaillé, l'analyse et l'expérimentation en laboratoire, la validation du concept et la mise à l'échelle au stade des préséries. Vous trouverez ci-dessous une description détaillée de ces étapes. Même si elles ne sont pas toujours reprises intégralement par toutes les sociétés, elles sont d'une façon ou d'une autre présentes dans la plupart des démarches de développement technologique. Il existe des variantes, et c'est bien normal. Veuillez noter également qu'il est impossible d'établir les délais et les paramètres des dépenses relatifs à chacune de ces étapes.
3.1.1 ÉTAPE 1 - FORMULATION DU CONCEPT OU DES HYPOTHÈSES
Cette étape englobe d'importantes activités, nommément :
À ce stade, lorsque les enjeux sont suffisamment clairs, on est en mesure de déterminer si les connaissances technologiques que possède à ce moment la société sont adéquates pour réaliser les objectifs. C'est donc l'étape toute indiquée pour déterminer si le projet consistera en un projet de RS&DE ou non. Lorsque la nature des « travaux courants » change au cours de la réalisation du projet, le « retour à la case départ » auquel seront tenus les exécutants les obligera à revenir à cette étape pour revoir les concepts initiaux et formuler de nouvelles hypothèses pour le projet.
3.1.2 ÉTAPE 2 - DÉVELOPPEMENT DÉTAILLÉ
À partir des concepts formulés à l'étape 1, on entreprend la description détaillée du développement du premier échantillon. Chacun des paramètres de fabrication est fixé. Au nombre des paramètres établis, selon la société, mentionnons les suivants :
3.1.3 ÉTAPE 3 - ANALYSE ET EXPÉRIMENTATION EN LABORATOIRE
Un ou plusieurs essais en laboratoire pourraient être menés d'après la description détaillée des travaux de développement. Il faut souligner que les entreprises ne font pas toutes des essais en laboratoire.
Un échec à cette étape-ci, qui correspond habituellement à l'évaluation technique initiale, exige normalement un retour à l'étape 1 ou 2. L'étape 3 correspond habituellement à l'évaluation technique initiale.
3.1.4 ÉTAPE 4 - VALIDATION DU CONCEPT (ÉCHELLE PRÉINDUSTRIELLE)
Les premiers échantillons de produits ou de procédés sont élaborés en petite quantité. Bien que de tels essais à petite échelle ne permettent pas de définir de façon exhaustive les paramètres de fonctionnement définitifs, ils offrent à la société la possibilité de réduire les risques et les coûts associés aux essais à plus grande échelle.
D'habitude, cette étape suppose l'utilisation de matériel à échelle réduite ou la fabrication de lots de production moins volumineux que ce que le demandeur considérerait normal.
Lorsque la compagnie ne peut pas procéder à une expérimentation à l'échelle réduite, elle peut choisir de passer cette étape et de faire l'expérimentation à l'échelle industrielle.
Un échec à ce stade nécessite habituellement un retour à l'étape 1.
Cette étape correspond normalement à la validation initiale de principe.
3.1.5 ÉTAPE 5 - MISE À L'ÉCHELLE AU STADE DES PRÉSÉRIES
En général, les travaux habituels visant à passer du projet pilote à l'utilisation commerciale ne sont pas admissibles. Toutefois, certains travaux particuliers de recherche scientifique et de développement expérimental entrepris à cette étape peuvent être admissibles. La principale question est de savoir s'il existe toujours une incertitude technologique dont la résolution constituera un progrès technologique, ou bien s'il suffit pour franchir cette étape d'avoir recours à une méthode qui relève de la pratique courante.
La plupart des procédés utilisés dans l'industrie textile ne peuvent pas être reproduits avec précision dans le cadre de projets pilotes. L'étape 5 s'avère d'une importance cruciale dans la détermination des paramètres du produit ou du procédé qui permettront à la société de réaliser les objectifs technologiques énoncés à l'étape 1. C'est à l'étape de la mise à l'échelle au stade des préséries que les incertitudes technologiques qui entourent le projet doivent être dissipées. Autrement dit, il est possible que l'on doive se rendre à l'étape 5 pour déterminer de façon définitive si les incertitudes technologiques ont été dissipées.
Les incertitudes éventuelles dont on ne connaissait pas l'existence au cours des étapes précédentes surgissent habituellement lors de l'expérimentation à l'échelle réelle. À cette étape de la RS&DE, les problèmes se traduiront normalement par l'incompatibilité du produit avec les objectifs du projet. D'autres expériences pourront être menées à une échelle réduite ou à l'échelle réelle.
Les indicateurs d'une expérimentation à l'échelle réelle comprennent habituellement des produits non conformes des taux de rebuts inhabituels ou des efficacités de main d'oeuvre anormales.
C'est à cette étape que les paramètres d'exploitation à l'échelle réelle sont déterminés et les incertitudes technologiques dissipées.
Cette étape d'expérimentation prend fin lorsque la répétabilité de la technologie a été établie et qu'un régime permanent a été atteint. Quand c'est le cas, la technologie peut être considérée stable et la production commerciale mise en place.
Les travaux habituels visant à passer du projet pilote à l'utilisation commerciale ne constituent pas de la RS&DE. Si des travaux exécutés dans le cadre d'un projet particulier visant à passer du projet pilote à l'utilisation commerciale peuvent être effectués au moyen de pratiques courantes dont l'issue est prévisible, il n'existe aucune incertitude technologique, et il s'ensuit que l'étape ne constitue pas de la RS&DE aux fins du projet.
3.2 PROJETS QUI CONSTITUENT ET PROJETS QUI NE CONSTITUENT PAS DE LA RS&DE
L'industrie textile est extrêmement concurrentielle, et l'acquisition de connaissances technologiques particulières se fait généralement à l'intérieur de l'organisation. Par conséquent, pour déterminer si un projet constitue ou non de la RS&DE, il faut examiner le milieu commercial dans lequel évolue chaque demandeur. Le tableau qui suit contient un certain nombre d'indicateurs et d'exemples de nature à clarifier les caractéristiques habituelles des projets qui constituent et des projets qui ne constituent pas de la RS&DE. Un examen attentif du milieu commercial dans lequel évolue le demandeur doit être mené parallèlement à l'analyse des indicateurs.
C'est la nature des travaux effectués dans le cadre de chacune des étapes de développement technologique franchies dans le cadre d'un projet, et non pas le nombre ou la nature des étapes en question, qui différencie les projets de RS&DE des autres projets. Certaines sociétés de produits textiles ont recours aux mêmes étapes lorsqu'elles effectuent des travaux courants et des travaux de RS&DE, alors que d'autres suivent un cheminement différent selon qu'il s'agit de l'un ou de l'autre type de travaux.
La distinction entre les projets courants de mise au point et les projets de RS&DE repose sur les incertitudes relatives liées aux projets ou sur les objectifs de ceux-ci. L'incidence des incertitudes relatives sur la nature des travaux exécutés varie en fonction du milieu commercial dans lequel évolue chacune des sociétés de produits textiles concernées.
Un projet courant de mise au point ne comporte aucune incertitude importante. Par conséquent, dans le cas d'un tel projet, les cinq étapes sont souvent franchies avec un minimum de supervision ou d'intervention de la part des spécialistes de la société. Les travaux courants sont fondés sur la pratique courante (p. ex. les modifications mineures, le dépannage, l'élimination des défauts, etc.), dont le cheminement et l'issue sont prévisibles. Les projets courants de mise au point suivent généralement le cycle de production ordinaire. Ils sont assujettis aux lignes directrices normales en matière d'assurance de la qualité, et doivent subir les essais habituels relatifs à celle-ci.
Pour ce qui est de l'approche générale en cinq étapes décrite dans le présent document, nous pouvons dire que les travaux exécutés aux étapes 1 et 2 sont les mêmes dans le cas d'un projet courant de mise au point et d'un projet de RS&DE. En effet, peu importe le degré d'incertitude lié au projet, le concept et le détail de la démarche doivent être définis.
Dans le cas d'un projet de RS&DE, les étapes 3 à 5 font partie intégrante du cycle de développement, et elles sont rarement sautées ou accélérées. La plupart du temps, plusieurs expériences doivent être menées à chacune des étapes du cycle de RS&DE, et il arrive que l'on doive revenir à une étape précédente pour effectuer une reprise. Dans le cas d'un projet courant de mise au point, on peut sauter une ou chacune des étapes 3 à 5, selon les objectifs du projet et les incertitudes liées à celui-ci.
La responsabilité de déterminer les projets qui constituent de la RS&DE et ceux qui n'entrent pas dans cette catégorie doit incomber aux spécialistes de la société. Ce processus de triage commence habituellement à l'étape 1 des projets. Les antécédents et l'expérience des spécialistes de la société permettent normalement à ceux-ci d'évaluer le degré d'incertitude lié à chacun des projets, et de choisir le cheminement de développement approprié. Toutefois, il y a toujours des exceptions. Certains projets qui, en apparence, comportent une incertitude franchissent les étapes du cycle de RS&DE sans aucun problème. D'autres projets, en apparence courants, peuvent se heurter à un problème imprévu et devoir suivre le cheminement des projets de RS&DE.
Exemples de projets de développement| Projet qui constitue éventuellement de la RS&DE | Projet qui ne constitue pas de la RS&DE |
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| Projet qui constitue éventuellement de la RS&DE | Projet qui ne constitue pas de la RS&DE |
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L'objet du présent document d'orientation concernant l'industrie textile consiste à établir un cadre auquel le demandeur et l'ADRC pourront avoir recours pour régler un certain nombre de questions importantes entourant la RS&DE. Vous y trouverez une description de la nature des projets de développement entrepris dans l'industrie textile, du système de « paliers » de développement de produits propre au secteur, ainsi que des consignes sur la façon de distinguer les activités « courantes » de développement de produits des activités de RS&DE.
L'environnement dans lequel les activités de RS&DE sont menées dans l'industrie textile présente les caractéristiques suivantes :
Vous trouverez également dans le présent document un modèle de projet de développement propre à l'industrie textile et les cinq étapes de développement de celui-ci, ainsi qu'une description de ce qui constitue des activités de RS&DE dans ce contexte. L'existence d'un modèle de RS&DE bien défini et bien documenté permet d'appuyer les demandes relatives à la RS&DE du point de vue technique et financier.